Tous nos dossiers préventions & conseils

En 2024, les exportations françaises de produits cosmétiques ont atteint 22,5 milliards d’euros, soit une progression de +6,8 % par rapport à 2023 (source: FEBEA). Le marché de la parfumerie joue un rôle moteur dans cette dynamique. En effet, il représente 35 % des exportations totales et contribue significativement à la croissance du secteur, avec près de 8 milliards d’euros d’exportations en 2024. En 5 ans seulement, les exportations de parfums français ont plus que doublé sur le marché mondial.
Cette montée en puissance du secteur s’accompagne naturellement d’exigences croissantes en matière de sécurité et de maîtrise des environnements de production. La fabrication de parfums mobilise en effet des procédés sensibles (pesées de matières premières, mélanges, dilution alcoolique, macération, filtration ou encore remplissage).
Ces procédés impliquent la manipulation de substances volatiles, inflammables et parfois allergènes. À chaque étape de la chaîne de production, les émissions de composés organiques volatils (COV), les risques ATEX, les nuisances olfactives et l’exposition des opérateurs constituent des enjeux majeurs. Le traitement de l’air industriel se présente alors comme une nécessité pour sécuriser les installations, protéger les collaborateurs, garantir la conformité réglementaire et préserver la qualité du produit fini. La performance économique de la parfumerie repose ainsi aussi sur sa capacité à anticiper et prévenir ces risques industriels.
Enjeux des préparations parfumantes et risques associés
Contrairement à une idée répandue, la parfumerie industrielle ne se limite pas à la fabrication de parfums alcooliques finis. Elle regroupe une grande diversité de préparations, telles que les concentrés, les bases parfumantes, les compositions techniques ou encore les solutions de diffusion, dont les procédés génèrent des profils de risques très différenciés.
Les parfums alcooliques constituent bien une part emblématique de l’activité, avec des produits finis comme l’eau de parfum, l’eau de toilette ou l’eau de cologne, caractérisés par une forte teneur en alcool et une volatilité élevée. À ces formats s’ajoutent des déclinaisons telles que les brumes parfumées ou les eaux fraîches, qui mobilisent elles aussi des volumes importants de solvants.
En amont, les sites de parfumerie produisent des concentrés de parfum, utilisés non seulement pour les parfums alcooliques, mais aussi pour de nombreux autres marchés. On les retrouve dans les produits de beauté et de soin (crèmes, lotions, soins capillaires, déodorants), dans les produits d’hygiène (savons, gels douche, shampoings) et dans les produits de détergence (lessives, adoucissants, nettoyants ménagers), chacun imposant des contraintes de formulation et de stabilité spécifiques.
La parfumerie couvre également les parfums d’ambiance et de diffusion, qui incluent les sprays d’intérieur, diffuseurs à bâtonnets, recharges, bougies parfumées ou systèmes de diffusion professionnels. Ces produits font appel à des solvants variés (alcool, esters, supports spécifiques) et génèrent des émissions odorantes souvent très marquées lors des phases de mélange et de conditionnement. À ce titre, les diffuseurs et vaporisateurs font pleinement partie du périmètre industriel de la parfumerie.
Dans tous les cas, l’air constitue le principal vecteur d’exposition, de nuisance et de non-qualité.
Concentrés de parfum
La production de concentrés de parfum constitue le cœur de l’activité de la parfumerie. Ces mélanges, composés de dizaines voire de centaines de matières premières odorantes, sont manipulés à l’état pur ou faiblement dilué. Les opérations de pesée, d’ouverture de contenants et de transvasement génèrent des émissions élevées de composés organiques volatils (COV), souvent à fort pouvoir odorant et parfois sensibilisant.
Dans ces zones, les risques sanitaires concernent principalement l’inhalation répétée de substances allergènes et l’exposition cutanée. La maîtrise passe par un captage à la source extrêmement précis, capable de limiter les émissions sans perturber la précision des gestes ni la perception olfactive indispensable au métier.
Bases et accords
Les bases parfumantes et accords semi-finis, utilisés pour standardiser et accélérer la formulation, impliquent des manipulations répétées et un stockage intermédiaire fréquent. Les émissions sont moins brutales que pour les concentrés, mais plus diffuses et continues, favorisant une saturation progressive de l’air ambiant.
Ce type de préparation met en évidence un risque souvent sous-estimé : l’exposition chronique à faible dose, aussi bien pour les opérateurs que pour l’environnement de production. Le traitement de l’air doit alors assurer un renouvellement constant, associé à une filtration efficace des odeurs résiduelles, afin de maintenir une qualité d’air stable dans le temps.
Un besoin en traitement de l’air industriel ?
Parfums alcoolique
La dilution des concentrés dans l’alcool, suivie des phases de macération, de filtration et de remplissage, représente l’une des étapes les plus sensibles de la chaîne de production. L’éthanol, présent en forte proportion, s’évapore rapidement et génère des atmosphères potentiellement explosives, en particulier lors des manipulations en cuves ouvertes ou sur lignes de conditionnement.
Au-delà du risque ATEX, l’exposition prolongée aux vapeurs d’alcool peut entraîner des effets sanitaires non négligeables. La ventilation doit donc répondre à un double objectif : sécuriser les installations d’une part et protéger les opérateurs d’autre part, tout en maîtrisant les rejets d’air chargés en solvants.
Parfums techniques pour cosmétique, hygiène et détergents
Les compositions destinées aux cosmétiques, produits d’hygiène ou de détergence présentent des contraintes spécifiques de stabilité et de rémanence olfactive. Leur intégration dans des matrices aqueuses, grasses ou tensioactives s’accompagne souvent d’un dégazage lent mais continu, difficile à percevoir immédiatement.
Dans ces ateliers, on observe une exposition prolongée à des odeurs persistantes et à des solvants techniques. La maîtrise des flux d’air, la limitation des migrations entre zones et le traitement ciblé des émissions deviennent alors essentiels pour préserver à la fois la santé des opérateurs et la qualité des productions.
Parfums d’ambiance, diffusion et technologies encapsulées
Les parfums d’ambiance et les solutions de diffusion utilisent fréquemment des solvants alternatifs et des supports spécifiques, générant des émissions odorantes très marquées. À l’inverse, les technologies encapsulées introduisent des risques liés à la manipulation de poudres ou de microcapsules, avec un potentiel d’inhalation de particules fines.
Ces deux sous-secteurs illustrent la diversité des situations rencontrées en parfumerie : tantôt dominées par les COV, tantôt par les poussières. Ils requièrent des systèmes de traitement de l’air capables de combiner captage, filtration et confinement, en fonction de la nature exacte des émissions.
Exemples concrets de situations en parfumerie et solutions de traitement de l’air
| Situations courantes en parfumerie | Exemples de prévention et de traitement de l’air | Risques pour la santé |
| Pesée de matières premières odorantes sur une table de travail | Captage local au poste de pesée, aspiration au plus près des flacons | Irritation des yeux et des voies respiratoires, risque d’allergies |
| Ouverture de bidons ou fûts de concentrés parfumants | Poste de travail ventilé avec extraction ciblée | Maux de tête, gêne respiratoire, saturation olfactive |
| Transvasement de parfums d’un contenant à un autre | Aspiration mobile ou bras aspirant près de la zone de versement | Exposition répétée aux odeurs, fatigue, inconfort |
| Mélange du parfum avec l’alcool | Ventilation renforcée et sécurisée pour les zones à solvants | Inhalation de vapeurs d’alcool, vertiges, risque incendie |
| Stockage ou macération de parfums en cuves ouvertes | Renouvellement d’air contrôlé et extraction continue | Exposition prolongée aux vapeurs, gêne respiratoire |
| Filtration du parfum et manipulation des tuyaux | Captage ponctuel lors des connexions et déconnexions | Inhalation diffuse, irritation |
| Remplissage des flacons sur ligne de production | Aspiration au niveau des postes de remplissage | Inhalation continue de vapeurs, fatigue |
| Fabrication de parfums sans alcool ou solubilisés | Captage des brouillards et bonne ventilation générale | Irritation respiratoire |
| Manipulation de poudres ou microcapsules parfumées | Aspiration à la source avec filtration fine | Inhalation de particules, risques respiratoires |
| Travail en zone de stockage parfumée | Ventilation adaptée pour éviter l’accumulation d’odeurs | Exposition chronique à faible dose |
Prévention en parfumerie : une approche globale au-delà du traitement de l’air
Si le traitement de l’air joue un rôle central dans la maîtrise des risques chimiques et sanitaires, il ne constitue qu’un maillon de la chaîne de prévention. En parfumerie, la prévention repose sur une combinaison cohérente de mesures techniques, organisationnelles et réglementaires, visant à protéger à la fois les opérateurs, les installations et la qualité finale des produits.
Limiter les risques de contamination : un enjeu majeur en parfumerie
La contamination est critique dans l’industrie du parfum. Lorsqu’on parle de contamination, il peut s’agir de contamination chimique, olfactive ou croisée. Elle peut avoir des conséquences directes sur la qualité des lots, la conformité réglementaire et, à terme, l’image de marque.
Les principales sources de contamination en parfumerie sont :
- Da diffusion d’odeurs dans l’air entre zones de production,
Les manipulations successives de formules différentes sur un même poste,
Le stockage intermédiaire de produits ouverts ou mal confinés, - La circulation des opérateurs et des contenants entre ateliers,
- L’utilisation d’équipements partagés insuffisamment nettoyés.
La prévention passe par une organisation rigoureuse des flux, une séparation claire des zones (laboratoire, production, macération, conditionnement) et une maîtrise des atmosphères intérieures. L’objectif est d’éviter que l’air, les surfaces ou les opérateurs ne deviennent des vecteurs involontaires de contamination.
Prévention technique : sécuriser les procédés dès la conception
La prévention technique consiste à agir directement sur les sources de risque, avant même le recours aux équipements de protection individuelle. En parfumerie, cela implique notamment :
- Le confinement des opérations les plus émissives (pesées, dépotage, dilution alcoolique),
- L’automatisation partielle de certaines étapes pour réduire les manipulations manuelles,
- Le choix d’équipements adaptés aux produits manipulés (cuves fermées, systèmes de transfert sécurisés),
- La maîtrise des flux d’air, des pressions et du renouvellement dans chaque zone.
Cette approche permet de réduire simultanément les expositions, les nuisances olfactives et les risques de non-qualité.
Prévention organisationnelle : structurer les pratiques au quotidien
Les mesures organisationnelles sont tout aussi déterminantes. Elles reposent sur des procédures claires et appliquées, notamment :
- La gestion des zones dédiées par type de produit ou de procédé,
- La planification des fabrications pour limiter les changements de formule,
- Les protocoles de nettoyage et de changement de lot,
- La formation des opérateurs aux risques spécifiques de la parfumerie et aux situations d’urgence,
- La limitation des accès aux zones sensibles et le suivi des accès.
Une organisation adaptée permet de réduire les expositions répétées, d’améliorer la traçabilité et de prévenir les contaminations croisées.
Prévention des risques ATEX : un impératif en parfumerie
La présence massive de solvants inflammables, en particulier l’éthanol, rend la prévention des risques ATEX incontournable. Elle repose sur :
- Le classement des zones ATEX en fonction des procédés,
- L’utilisation d’équipements conformes et certifiés,
- La limitation des sources d’inflammation (électricité statique, étincelles, surfaces chaudes),
- La ventilation adaptée pour éviter l’accumulation de vapeurs inflammables,
- La formation spécifique des opérateurs intervenant en zones ATEX.
En parfumerie, la prévention ATEX ne se limite pas à une obligation réglementaire : elle conditionne la continuité de production et la sécurité globale du site.
Lire aussi : Sécurité des opérateurs dans le secteur de la cosmétique : les bonnes pratiques

Découvrir nos solutions et notre accompagnement pour le traitement de l’air pour la production de produits de soin, solaires et maquillage.